Ennio Morricone, Films, Klaus Kinski, Luigi Pistilli, Mario Brega, Sergio Corbucci -

Le Grand Silence

Sergio Corbucci est un réalisateur dont on parle toujours trop peu, du moins en Italie, mais qui a révolutionné un genre charnière dans l'histoire du cinéma : le western.

Le succès de son premier western, Django, a aidé Corbucci à réaliser ce qui allait devenir son film emblématique : Le Grand Silence. Jean-Louis Trintignant, Vonetta McGee, Klaus Kinski, Mario Brega et Frank Wolff sont les acteurs principaux du film, tandis qu'Ennio Morricone compose la musique de ce dernier.

Bande annonce du film Le Grand Silence

Synopsis

Nous sommes dans l'Utah en 1898, l'ère de la conquête de l'Ouest sauvage se dirige vers sa fin, et le gouverneur de l'État veut mettre fin au système de droit barbare qui, depuis des années, permet aux chasseurs de primes de faire légalement des victimes.

Pour ce faire, il envoie le shérif Godeon Corbett (Frank Wolff) à Snow Hill, une ville qui est le théâtre d'une chasse au rat entre des bandits cachés dans les montagnes enneigées et d'impitoyables chasseurs de primes.

Pendant ce temps, un mystérieux bandit nommé Silence (Jean-Louis Trintignant) est engagé par la veuve Pauline pour tuer l'impitoyable chasseur de primes Tigrero (Klaus Kinski), coupable d'avoir assassiné le mari de la femme pour toucher une prime injustement mise en place par Pollycut (Luigi Pistilli), un banquier qui, au fil des ans, a construit une entreprise apparemment légitime en collaboration avec des chasseurs de primes.

Le Grand Silence

Un cadre exceptionnel

Dès les premières images - accompagnées de la splendide bande sonore d'Ennio Morricone - Corbucci nous catapulte dans un paysage jamais vu dans un western : des montagnes enneigées et des lacs gelés.

Ce cadre magnifique (Le Grand Silence a été tourné presque entièrement dans les Dolomites, à l'exception des intérieurs de studio et des flashbacks sur le lac de Bracciano) permet au spectateur de s'identifier à l'angoisse claustrophobe que ressentent les bandits, constamment traqués par les chasseurs de primes : dans le film du réalisateur italien, il n'y a pas de place pour les longues chevauchées dans la prairie, mais seulement pour le froid, la neige et la fatigue de se déplacer dans un environnement aussi hostile, entouré de montagnes.

Cet aspect contribue à créer l'atmosphère crépusculaire idéale pour montrer l'affrontement entre Silence et Tigrero.

Paysage du film Le Grand Silence

Des personnages remarquables

L'absence de véritable héros, aspect caractéristique des westerns spaghetti, est transposée dans Le Grand Silence dans un cadre dramatique où les personnages sont tristement humains et où l'épopée classique du genre succombe à un profond nihilisme.

La férocité n'est jamais exagérée, mais serpente constamment à travers les personnages - typiquement "corbucciens" - pour ensuite exploser dans des séquences vraiment douloureuses d'un point de vue émotionnel et visuel.

Le final du film est emblématique, où l'affrontement tant attendu entre les deux protagonistes se résout dans une scène aussi humaine que dramatique.

Le Grand Silence est révolutionnaire de ce point de vue car il ne montre pas la fin classique à laquelle on peut s'attendre dans un western, mais au contraire il renverse les attentes du spectateur en le laissant tout simplement abasourdi.

Une fin pour laquelle Corbucci a dû batailler : les producteurs du film n'étaient pas particulièrement convaincus par la conclusion imaginée par le réalisateur.

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Un western incontournable

Paysages enneigés, chasseurs de primes sans scrupules, fins atypiques, dialogues où l'usage des mots est plus dangereux que celui de l'arme à feu (un dialogue entre Tigrero et le shérif Godeon dans le carrosse est extrêmement similaire à celui entre John Ruth et le Major Warren dans Les Huit Salopards) nous font comprendre combien les auteurs de la trempe de Tarantino sont largement redevables au cinéma de Sergio Corbucci.

Le Grand Silence s'inscrit parfaitement dans le panorama des westerns de Sergio Leone, de manière moins épique, moins clinquante, mais définitivement plus humaine, réelle et féroce.

C'est pourquoi il est bon d'en parler toujours, de s'en souvenir, de ne jamais oublier Sergio Corbucci, un réalisateur capable de contribuer à la grandeur du "genre" dans les années d'or du cinéma italien.

Impossible de ne pas mentionner la bande-son d'Ennio Morricone, dont la délicatesse se heurte et se confond avec la cruauté des événements. Une contribution de grande classe pour le pathos d'un classique qui aura le mérite de frapper fort. Surtout dans le final !

Le Grand Silence - Film complet en italien


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